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Questions énergétiques en vue des élections du 9 octobre 2011. Retour aux questions

Réponse du CSV, 6 septembre 2011.

Réponse de la part du Parti Chrétien Social (CSV)

Dr.-Ing. Marcel Oberweis

Député

Permettez-moi, Monsieur Michel-Pierre Colin de vous remercier pour votre engagement en matière de l’approvisionnement énergétique et en aval du problème du rehaussement de la température de l’atmosphère du au changement climatique

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Question °1

«Les énergies renouvelables d'origines solaire et éolienne sont distribuées sur tout le territoire, et présentent ainsi l'avantage de pouvoir être consommées là où elles ont été produites, c'est-à-dire localement.

On fait ainsi l'économie du développement sans fin des infrastructures de réseaux de transport d'électricité au fur et à mesure que s'accroît la population et donc l'activité économique.»

Chambre des Députés

L’approvisionnement en énergie de notre pays est encore fondé majoritairement sur les énergies fossiles à savoir le pétrole et le gaz naturel. Les énergies renouvelables sont devenues pourtant un partenaire depuis une bonne dizaine d’années à savoir l’énergie éolienne et l’énergie solaire. Des programmes de subventions gouvernementaux ont incité des citoyens et des entreprises à investir dans les énergies renouvelables - des parcs éoliens et des centrales photovoltaïques resp. des capteurs solaires.

Sachant que les énergies renouvelables sont fluctuantes, il nous faut organiser le mix entre les énergies dites « continues » et les énergies « renouvelables ». A travers sa politique énergétique, le Gouvernement a lancé le programme d’augmenter le taux de la part des énergies renouvelables à 11 % en 2020 comparé à 1 % aujourd’hui. Le Parti Chrétien Social [CSV] soutient cette démarche.

La production décentralisée de l’énergie électrique représente certes un avantage (l’énergie étant produite et consommée auprès des consommateurs), la création des « smarts grids » et l’interconnexion entre les différents sites de production demande une logistique intelligente.

Le PCS [CSV] soutient également l’interconnexion des centrales du type renouvelable (parcs éoliens offshore et centrales photovoltaïques de plusieurs MW) aux réseaux internationaux de distribution d’énergie électrique européens voir le réseau interconnecté UCTE[1]. En plus il ne peut que souligner la stratégie 2020 de la Commission européenne en vue d’augmenter le taux des énergies renouvelables à 20 % à l’horizon 2020. Cette politique de la production décentralisée aidera à créer des milliers d’emplois dans tous les pays de l’Union européenne et réduira certes la dépendance énergétique de l’Union européenne.

En aval la stratégie nationale, il s’avère nécessaire de supporter toutes les démarches sur le plan communal en vue de créer la production décentralisée sur base des énergies renouvelables.

La création d’une commission communale à l’énergie n’est pas à envisager, plus important sera le fait d’inviter les citoyens à investir dans ces projets ambitieux sur le plan communal.

Il faut encore souligner que cette production décentralisée devra être gérée par une instance comme l’ILR (Institut Luxembourgeois de Régulation).

Question °2

Vous savez qu'il est possible de stocker l'électricité avec des techniques non polluante, sans CO2, des techniques commercialisées actuellement: notamment de stocker en hydrogène. Ceci pour résoudre le problème d'intermittence de la production d'électricité d'origines solaire et éolienne, tout en conservant l'avantage de pouvoir consommer ce qu'on produit localement quand on en a besoin. C'est aussi l'occasion de disposer localement d'hydrogène pour faire le plein des véhicules motorisés sur pile à hydrogène.
[...]
Dans quels cas pensez-vous que le stockage de l’électricité renouvelable en hydrogène doit être contrôlé localement par les communes ? Dans quels autres cas ce stockage doit-il être centralisé ? Êtes-vous en faveur d’un contrôle centralisé ou décentralisé dans le pays ?

Retenons de prime abord que le stockage de l’énergie représente une activité qui consiste à placer une quantité d’énergie en un réservoir en vue de l’utiliser ultérieurement même sous une autre forme.

Hélas, le problème de la production décentralisée de l’énergie électrique à base des énergies renouvelables réside dans le stockage du surplus occasionné par e.a. la fluctuation de l'ensoleillement ou du vent resp. de la réduction de la consommation dans les réseaux. Stocker cette énergie électrique représente donc un défi fondamental. Il existe plusieurs technologies de stockage dont les accumulateurs, les centrales hydroélectriques (type Vianden) et l’hydrogène. Certes, l’hydrogène permet de stocker l'énergie électrique pour une utilisation à long terme, cette technologie se trouve actuellement encore dans une phase de démonstration et d’essai. Une autre voie de stockage a vu le jour avec l’apparition des électromobiles avec les accumulateurs à base de lithium se prêtant de stocker l’énergie verte.

Le stockage de l’énergie électrique représente donc un des champs d’activités européens et le Luxembourg ne peut y jouer un rôle minoritaire. Pourtant notre pays s’est engagé en stockant de l’énergie éolienne offshore (surplus) dans la centrale hydroélectrique de Vianden en y implantant la 11ème turbine-pompe de 200 MW.

Le stockage de l’énergie électrique en l’utilisant pour la production d’hydrogène n’est pas une voie que le PCS [CSV] soutient à ce stade. Il préconise avant tout la politique de la production d’énergie électrique décentralisée dans les communes à travers l’emplacement de parcs éoliens de quelques MW et de centrales photovoltaïques de quelques 100 kW. La production décentralisée permettra aux communes le développement d’une certaine autarcie qui est un des piliers du développement durable, et l’implantation de ces parcs invitera les citoyennes et citoyens dans cette voie soutenable.

De même le Gouvernement a récemment marqué son accord de soutenir à travers des subventions la création de 20.000 centrales photovoltaïques, de 30.000 emplacements de capteurs solaires, de 50 centrales éoliennes, de 100 centrales à biogaz et 15 centrales à fil d’eau et ceci jusqu’ à 2020. Le déploiement de ces différents parcs nécessitera évidemment une gestion et un contrôle centralisés, une activité qui devra être transmise à l’ILR et au fournisseur principal d’énergie électrique.

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[1] Le 1er juillet 2009, l'UCTE a été dissoute. Toutes ses tâches opérationnelles ont été transférées à ENTSO-E.


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